28/12/2008

Paradis sur mesure (Bernard Werber)

              paradis sur mesure
Qu’arriverait-il si les menaces écologiques (réchauffement climatique, trou dans la couche d’ozone, pollutions diverses et variées) devenaient très graves et qu’un gouvernement mondial de type totalitaire arrivait au pouvoir ? On pendrait les pollueurs !

Que se passerait-il si les hommes devenaient insensiblement stériles et si la nature essayait de compenser cela en les faisant muter ? Ils deviendraient des hommes-fleurs !

Que restera-t-il de notre civilisation dans plusieurs milliers d’années ? Pas grand-chose ! De minuscules archéologues (des fourmis) feraient des recherches sur la civilisation des titans qu’étaient les hommes qui ont disparu de la surface de la terre alors qu’ils croyaient tout dominer…

             C’est pour répondre à semblables questions sur les futurs possibles et les présents probables que Bernard Werber a écrit cette série de nouvelles d’anticipation ou d’observation de notre société actuelle. Celle qui décrit les frasques d’un animateur télé qui passe pour un grand cœur et pour le gendre idéal et qui se comporte dans la vraie vie comme un goujat aussi violent que toxicomane est particulièrement ironique car racontée par son garde du corps, grosse brute pleine de bon sens et attachée à la notion de « respect ». Ecrites dans un style alerte et agréable, elles jouent sur nos craintes et nos dégoûts, mais malheureusement sont souvent traitées de manière particulièrement conformiste. Jamais Werber, auteur ô combien prolifique et imaginatif ne s’éloigne de la vulgate écologiste actuelle, ce qui peut être regrettable de la part d’un auteur d’anticipation… Et si de tout ce dont on nous menace, rien n’arrivait ou autre chose ou tout le contraire ? Néanmoins, le lecteur trouvera beaucoup de plaisir à dévorer ces nouvelles très réussies autant par les intrigues bien ficelées que par les structures narratives utilisées. Certaines nouvelles sont même de petits bijoux poétiques. Les fans de Werber ne rateront pas cet opus un peu particulier.

4/5

13:39 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ecologie, sf, anticipation |  Facebook |

19/12/2008

Syngué sabour (Atiq Rahimi)

                syngué sabour
Un vieil homme, ancien moudjahidin afghan, sans doute ex-taliban, est couché dans sa chambre, aux portes de la mort. Au cours d’une rixe, il a reçu une balle dans la nuque et il devrait être déjà dans l’autre monde. Sa femme le veille, le lave, le soigne et surveille sa perfusion. On devine qu’il est dans un coma avancé. La femme en profite d’ailleurs pour lui raconter ses douleurs, ses malheurs, ses souffrances les plus secrètes et surtout toute l’imposture sur laquelle repose leur mariage arrangé.

               Un très court roman (152 pages écrites en gros caractères) lent, poussif et où l’auteur nous décrit un huis clos où il ne se passe pas grand-chose si ce n’est une sorte d’interminable « Mort du Cygne »  qui aurait beaucoup gagnée à être réduite à la taille d’une nouvelle d’une quinzaine de pages… Quel délayage et quel pitoyable rabâchage dans un registre minimaliste très inférieur à celui des véritables spécialistes du genre tels Makine, Mingharelli, Fournier ou Jauffray (pour ne citer que les principaux) ! Avec Rahimi, on en reste au niveau de la description simpliste, froide, sans élan, sans rythme, sans consistance, sans souffle et au bout du compte sans grand intérêt. Ce très lointain élève du grand Hemingway a sans doute voulu écrire son « Vieil homme et la mort », mais il est très loin d’être parvenu à égaler le maître ! Ce taliban inconscient et inerte que l’on découvre impuissant et incapable d’amour véritable (« ceux qui font la guerre ne savent pas faire l’amour ») et cette femme qui se donne à un autre taliban juste à côté du corps de son mari encore chaud sont les uniques personnages de ce mélo exotique. Ils n’ont pas plus de réalité que des ectoplasmes et laissent le lecteur indifférent et fort déçu. On se demande même pourquoi cette œuvrette insipide  a eu l’honneur d’être couronnée de la plus haute distinction de la littérature française.

2,5/5

21:09 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : taliban, afghanistan, condition des femmes |  Facebook |