30.01.2012
Le printemps des pierres (Michel Peyramaure)
Sous le règne du roi Louis VII, commence la construction de la cathédrale Notre Dame de Paris. Un projet ambitieux et pharaonique qui va coûter une fortune et nécessiter des années de travail, de souffrance et d'ingéniosité de la part de ses créateurs, Maître Jean, un visionnaire qui veut construire l'édifice le plus haut de toute la Chrétienté et son élève, Vincent Pasquier, qui aura l'idée d'adjoindre des arc-boutants pour maintenir l'édifice. Problèmes et tribulations ne manqueront pas : arrêt du chantier en hiver, manque de moyens, épidémies et même révolte des ouvriers avec incendie et destructions. Tout dédiés qu'ils soient à leur oeuvre, les deux concepteurs n'en demeurent pas moins des hommes dont les amours vont également se révéler assez chaotiques...
Très documenté sur l'époque et les techniques de construction, ce livre présente trois volets ou trois centres d'intérêt principaux : l'historique, et c'est de loin le plus intéressant car le lecteur, qui se retrouve placé au coeur de l'action de ces bâtisseurs de cathédrale, apprendra énormément de choses qu'il ne soupçonne pas en admirant ces grands vaisseaux de pierre bâtis pour l'éternité. Le romantique est déjà un peu plus discutable avec ces amours contrariées et sans doute totalement fictives (Maître Jean amoureux de Sybille devenue lépreuse puis de Clémence et Vincent tiraillé entre Tiphaine, nièce du roi de la Cour des Miracles et Jacoba, la fille du médecin juif de la cour). Le statut des juifs, très variable selon le bon plaisir du roi, occupe lui aussi un bon tiers du volume. Autant Louis VII leur fut favorable, autant son fils, Philippe Auguste, leur fut hostile et les persécuta, officiellement pour se faire bien voir du pape et en réalité pour « leur faire rendre gorge » et financer ainsi les guerres qu'il envisageait de mener. Là encore, le lecteur apprendra beaucoup sur ces fameux banquiers «Lombards » (en réalité juifs d'origine italienne), véritables précurseurs du capitalisme. L'ensemble, bien que fort intéressant, n'en demeure pas moins assez disparate et manque un peu du rythme et du souffle que l'on peut attendre d'un roman historique classique.
3,5/5
08:41
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
29.01.2012
Les Tanathophores (Nouvelle de B.Viallet)
09:07
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
28.01.2012
Lula, l'enfant du Brésil (Denise Parana)
Lindu, la mère de Lula, paysanne pauvre des terres arides du Sertao dans le Nordeste brésilien dut se battre toute sa vie malgré les difficultés, la faim, la sécheresse et un mari violent et alcoolique et toujours garder la tête haute en donnant un bel exemple de courage et de dignité à ses huit enfants. Quand elle fut abandonnée au profit d'une cousine plus jeune, elle dut élever seule ses enfants. Lula, l'un des plus jeunes, était timide, très accroché aux jupes de sa mère et avait de grandes difficultés à s'exprimer. Piètre orateur, il deviendra néanmoins le leader du puissant syndicat des métallurgistes avant d'accéder au poste de Président de la République et de se retrouver l'un des hommes les plus influents de la planète grâce à son charisme et à ses réalisations...
Lula et sa famille n'ayant jamais autorisé d'autres interviews ou d'autres récits de leur vie, cette courte biographie (150 pages) rédigée par une de ses proches collaboratrices, représente un témoignage unique et passionnant sur le parcours absolument incroyable d'un homme exceptionnel. Le lecteur découvrira que, bien plus que Marx, Engels ou tel autre penseur ou philosophe, c'est de l'exemple de sa mère que Lula tirera tous ses principes de redistribution et de justice sociale. Il suffira de rappeler que son programme « Bourse famille » bénéficia à presque un tiers de la population brésilienne et tira de la misère des millions de gens. Il faut lire la très belle histoire du petit métallo honnête et courageux, parvenu au sommet d'un grand Etat sans tricher ni écraser personne. Puis réélu tout en réussissant à appliquer ses réformes sans violences, ni goulag et autres lao-gaï !
4,5/5
09:18
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
26.01.2012
Biribi (Georges Darien)
A dix huit ans, Jean Froissard s'engage dans l'artillerie. Après six mois de classes qui se passent assez mal car il supporte mal la discipline et commence à se sentir déçu et dégoûté par l'armée, il est affecté à Vincennes où tout se complique dans la mesure où il s'autorise quelquefois à faire le mur. L'accumulation de ses actes d'insoumission l'amène à passer devant le Conseil de corps qui le condamne à passer trois années dans les Compagnies de Discipline dans la région de Kef dans le Sud Tunisien. Dans ce qu'on ne peut appeler autrement que des bagnes militaires, le malheureux va mener une existence de paria, subir des conditions de vie atroces et des sévices qu'on ne ferait même pas subir à un animal. Il va connaître la faim, les corvées, les exercices sous un soleil de plomb, les marches forcées, les maladies et bien sûr de nombreux séjours au mitard, enchaîné.
Publié en 1888, ce témoignage présenté comme authentique frappe tellement il sent le vécu. En effet, Jean Froissard c'est ni plus ni moins que Georges Darien lui-même, écrivain de tendance anarchiste qui, devançant l'appel, s'est engagé dans le deuxième escadron du Train le 16 mars 1881 et que son insoumission a envoyé 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie en 1883. L'auteur est un écorché vif, un révolté qui a tellement souffert qu'il ne peut s'empêcher de se répandre en longues diatribes contre une armée qu'il accable de tous les défauts. « L'armée c'est le réceptacle de toutes les mauvaises passions, la sentine de tous les vices. Tout le monde vole, là-dedans, depuis le caporal d'ordinaire qui tient une anse du panier, jusqu'à l'intendant général, jusqu'au ministre. (…) Tout le monde s'y déteste, tout le monde s'y torture, tout le monde s'y espionne, tout le monde s'y dénonce. (…) L'armée, c'est le cancer social, c'est la pieuvre dont les tentacules pompent le sang des peuples et dont ils devront couper les cent bras, à coups de hache, s'ils veulent vivre. », dit-il. Car il n'a plus qu'un espoir, l'avènement de la « Révolution Sociale » qui doit permettre d'en finir à tout jamais avec les armées permanentes... D'un style agréable et facile à lire, ce livre intéressera celles et ceux qui veulent découvrir ce pan oublié et peu glorieux de l'Histoire des armées françaises.
4/5
09:25
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
25.01.2012
Pensée Inique (Video)
08:49
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
24.01.2012
Psychologie des foules (Gustave Le Bon)
Pourquoi une foule fanatisée est-elle capable de tout, du pire comme du meilleur ? Comment une foule psychologique se forme-t-elle ? En quoi n'a-t-elle que peu à voir avec un agrégat d'humains rassemblés au hasard ? De qui et de quoi est-elle composée ? Comment réagit-elle aux sollicitations ? Qui sont ses meneurs ? Comment parviennent-ils à leurs fins ?
Paru en 1921, ce livre majeur de psychologie et de sociologie devenu une référence et un classique, répond brillamment à toutes ces questions et à bien d'autres en démontant nombre de mécanismes de manipulation, d'embrigadement et de propagande. Le Bon illustre son propos par de nombreux exemples tirés de l'Histoire (apogée et chute de l'Empire Romain, Révolution Française, Napoléon, Boulanger, Lesseps et quelques autres...) Le lecteur contemporain pourra y ajouter quelques dictateurs comme Hitler, Staline, Mao, Pol Pot et autre Kim Il Jong en se disant que tous ces phénomènes n'ont fait que croître et embellir ! En dépit d'un sujet relativement ardu, « La Psychologie des Foules » demeure un livre passionnant où le lecteur apprendra encore beaucoup tout en restant admiratif devant la finesse de l'analyse, la clarté du propos et l'élégance du style.
Citations : « Les foules ont des opinions imposées, jamais des opinions raisonnées. »
« La puissance des foules est la seule force que rien ne menace et dont le prestige ne fasse que grandir. L'âge où nous rentrons sera véritablement l'ère des foules. »
« Le droit divin des foules va remplacer le droit divin des rois. »
« Les foules n'ont de puissance que pour détruire. »
« Les foules sont incapables d'avoir des opinions quelconques en dehors de celles qui leur sont imposées. »
« On conduit les foules en cherchant ce qui peut les impressionner et les séduire. »
« Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit qui s'accumule. »
« La foule ne peut qu'être d'une crédulité excessive. »
« Les Jacobins de la Terreur étaient aussi foncièrement religieux que les Catholiques de l'Inquisition et leur cruelle ardeur dérivait de la même source. »
« Les foules ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître. »
« La foule est toujours intellectuellement inférieure à l'homme isolé. »
« C'est l'intelligence qui guide le monde, mais elle le guide de fort loin.»
« L'homme moderne est de plus en plus envahi par l'indifférence. »
5/5
09:05
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
22.01.2012
Tartarin sur les Alpes (Alphonse Daudet)
A Tarascon, on s'estime sportif et même alpiniste quand on a escaladé les petites collines des alentours de la ville. On a même créé le Club des Alpines dont le Président est l'honorable Tartarin, ancien chasseur de fauves en Afrique. L'envieux Costecalde, armurier de son état, qui en est le vice-Président, n'a de cesse de vouloir prendre sa place. Pour faire taire une bonne fois pour toutes la cabale que le félon a organisé, Tartarin décide de frapper un grand coup : il va s'attaquer à un véritable sommet, la Jungfrau dans les Alpes Suisse. Mais après une ascension déjà périlleuse, il apprend que son rival s'apprête à faire monter les enchères. Il envisage d'escalader rien moins que le Mont Blanc. Il n'en faut pas plus pour que le héros de Tarascon ne décide de le précéder sur le sommet de l'Europe.
Un classique, un roman d'aventures picaresques, raconté sur un mode aussi malicieux qu'humoristique. On sent que Daudet aimait sa région et son personnage. Mais comme qui aime bien châtie bien, il ne laissait nullement dans l'ombre ses défauts : son outrecuidance, sa naïveté, sa fatuité et même sa sottise pour le plus grand plaisir du lecteur. Les personnages secondaires n'échappent pas à son scalpel qu'ils soient Russes comme les amis anarchistes de la belle Sonia, Anglais, froids, snobs et prétentieux, Allemands taciturnes ou Suisses toujours prêts à rentabiliser un site. Le lecteur s'amuse beaucoup à cette agréable lecture. Il en apprend également pas mal sur les débuts de l'alpinisme et du tourisme de masse en cette fin de XIXème siècle. Un livre à lire ou à relire dans la joie et l'allégresse.
5/5
09:01
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
21.01.2012
Le loup et le renard
Cette nouvelle fait partie du livre "Dorian Evergreen" une recueil de 10 nouvelles qui est disponible sur TheBookEdition.com pour la version papier et sur Amazon Kindle pour version ebook (Cliquer sur l'icone)
08:55
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
20.01.2012
La main gauche (Guy de Maupassant)
Dans le sud algérien, une fille du désert s'installe chez un colon et se comporte comme sa femme avant de lui préférer un berger... Sur son lit de mort, un hobereau normand confie un secret à son fils. Veuf, il avait une maîtresse dans la ville de Rouen. Il voudrait qu'il s'occupe d'elle à sa place... Un brave bidasse rencontre une servant noire dont il tombe amoureux. Ses parents consentiront-ils au mariage ? Un militaire fait chanter la femme infidèle de son colonel... Un libraire découvre que sa femme le trompe mais pas avec celui qu'il imagine... Quand deux femmes sont en même temps les maîtresses d'un seul homme, une simple épingle à cheveux peut leur faire découvrir le pot aux roses... Un vieux noble désabusé espère pouvoir se consoler auprès d'un fils bâtard dont il ne s'est jamais occupé personnellement... Un marin normand retrouve par hasard sa soeur prostitué dans un bordel de Marseille...
« La main gauche » est un recueil comportant onze nouvelles sur le thème des relations hommes femmes qui pour la plupart se terminent assez mal. Le lecteur y trouvera tout l'art de Guy de Maupassant, sans doute le plus grand maître de ce genre difficile. Dans un style naturaliste et dans un esprit désabusé, il nous narre des histoires toutes simples et bien datées, mais toujours d'actualité tant la finesse de ses observations de la nature humaine est fine et intelligente. Certaines sont un peu plus cruelles que d'autres. L'une, « La morte », sort du lot car elle relève carrément du fantastique et même du conte philosophique. C'est toujours un bonheur de lire ou de relire ces petits chefs d'oeuvre.
5/5
08:35
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
18.01.2012
Dans l'abîme du temps (Howard P. Lovecraft)
Au tout début du XXème siècle, Lovecraft se retrouve victime de rêves récurrents et obsessionnels qui l'emplissent de crainte et même de terreur. Il se retrouve souvent dans une immense construction souterraine faite de basalte noir, de dallages octogonaux et de piliers plus hauts que ceux des cathédrales. Il se rêve dans la peau d'une sorte de scribe qui passe son temps à retranscrire des descriptions de la vie de son temps et de son espace. Plus les rêves reviennent et plus la réalité se confirme. Lovecraft ferait partie d'une sorte de programme d'échanges temporels et spatiaux. Des représentants d'antiques civilisations prendraient possession d'humains ou d'extra-terrestres d'autres époques et d'autres planètes pour voyager dans le temps et explorer le passé et l'avenir. Quand il commence à vouloir communiquer sur son expérience, tout le monde le prend pour un fou jusqu'au jour où deux professeurs australiens, Mackenzie et Freeborn lui proposent de les rejoindre pour explorer des ruines mégalithiques perdues au plus profond du désert...
Que de thèmes dans ce court roman (cette novella ?) du grand Lovecraft ! Le rapport entre le réel et l'onirique, les anciennes civilisations disparues, les voyages dans le temps et le mythe des extra-terrestres fondateurs sans oublier les reptiliens précédant les humains et les insectes leur succédant après leur disparition de la surface de la terre. Publié en 1934, ce classique, qui se lit toujours avec énormément de plaisir et de facilité, nous montre quel précurseur fut Lovecraft et combien ses émules ne firent finalement que reprendre ses thèmes de mille et unes façons. Une lecture analytique de type freudien pourrait être fort intéressante et apporter un éclairage sur les pathologies dont notre auteur devait souffrir... Mais n'est-ce pas le cas à un degré plus ou moins grand de tout écrivain couchant sur le papier ses rêves, cauchemars ou obsessions et dévoilant à tout le monde les cavernes de son inconscient. Celles de Lovecraft étaient particulièrement enténébrées...
4/5
09:09
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
16.01.2012
Les Borgia (Pierre Lunel)
Le 20 avril 1455, Alonso Borgia devient Calixte III. Tout juste coiffé de la tiare, il élève son neveu Rodrigue à la dignité de cardinal. A partir de là, plus rien ne va arrêter l'ascension de cette étrange famille d'origine espagnole qui se complait dans le luxe, le stupre et le sang. Innocent VIII poursuivra la lignée et ensuite Rodrigue, devenu Alexandre VI léguera à son fils César sa soif de domination. Machiavel s'inspirera de ce dernier pour écrire « Le Prince ». César Borgia est capable de tout et surtout du pire pour parvenir à ses fins. Quand les trahisons, les assassinats et les empoisonnements ne suffisent plus, il lui n'hésite pas à se servir de sa soeur Lucrèce, belle à damner un saint, et partie prenante de toutes les bacchanales et de toutes les compromissions.
Un vrai livre d'Histoire et pas un roman historique. Ici, inutile de romancer car la réalité dépasse largement la fiction. Ces papes licencieux, âpres au gain, toujours prêts à un coup tordu pour asseoir leur pouvoir, ce chef de guerre, ex-cardinal, à la fois formidable conquérant et trousseur de jupons hors pair, aucun romancier n'aurait pu les imaginer. D'où l'intérêt de ce livre qui lève le voile sur une période particulièrement troublée de l'Histoire de l'Italie (divisée en petites principautés et convoitée à la fois par la France et par l'Aragon) et de la papauté en fort piteux état à cette époque (luxure, corruption, etc...) « Une chronique au parfum grisant de scandale » qui se lit aussi facilement que le meilleur roman de cape et d'épée...
4,5/5
09:03
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Trackbacks (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
14.01.2012
Anatomie du désordre (Emmanuel Moynot)
En 1904, à Paris, Eugène Pigot, un jeune peintre désargenté essaie de survivre en vendant une toile de ci de là. Un jour, son ami Philippe Lechat qui le suit pour le compte de la famille Stern découvre une toile curieuse qui retient son attention car elle ne ressemble à rien de connu à l'époque et pour cause, elle semble préfigurer de plusieurs années le cubisme. L'ennui, c'est que Bigot ne se souvient pas de l'avoir réalisée et quand on le pousse à recommencer dans ce style avec le même modèle, il n'y parvient pas. Ami du jeune Picasso auquel le succès commence déjà à sourire, Bigot, dont la première exposition est un échec, se laisse peu à peu aller à tous ses fantasmes et à toutes ses obsessions délirantes.
Cette biographie totalement inventée d'un peintre de la grande école de Paris ne manque pas d'un certain intérêt dans la mesure où elle semble inspirée de la vie de plusieurs artistes maudits n'ayant obtenu de notoriété que bien longtemps après leur mort, tels Van Gogh, Modigliani ou tant d'autres. Cette BD pose le problème de la création artistique, de la transposition du réel, du complexe de Pygmalion, du basculement dans la folie et même du business de l'art. Pendant que certains meurent de froid et de faim, d'autres spéculent et s'enrichissent sur leur travail. Plastiquement parlant, cet ouvrage assez brut de décoffrage (couleurs primaires, dessin à la hache) ne manque pas d'un certain charme surtout dans le rendu des états d'âmes délirants de l'artiste.
3/5
09:29
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (1)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
12.01.2012
Contes de terreur (Arthur Conan Doyle)
Au début de l'autre siècle, un aviateur tente de franchir le plafond des 6000 mètres. Dans ces hautes altitudes, il craint de faire d'étranges rencontres car certains de ses amis ne sont jamais revenu de cette « jungle de l'air »... Invité par un occultiste, un homme se prête à une étrange expérience : dormir à côté d'un drôle d'entonnoir de cuir. Son rêve tourne au cauchemar... A Rome, deux jeunes archéologues partent à la découverte de nouvelles catacombes et vont découvrir bien autre chose... Jeune et brillant chirurgien, Douglas Stone est l'amant de Lady Sannox. Un soir, un marchand turc l'attire au chevet d'une femme empoisonnée... James Hardcastle séjourne dans une ferme du Derbyshire, région pleine de cavernes, de grottes et de vieilles mines abandonnées dans lesquelles il se raconte que se cache un animal monstrueux... Marshall, l'héritier désargenté du richissime et très avare Lord Southerton, est invité par son cousin Edward King, juste rentré du Brésil avec d'étranges animaux ramenés dans ses bagages...
Ce recueil de six nouvelles intitulé « Contes de terreur » relève surtout du fantastique tel qu'on le concevait à la fin du XIXème et au début XXème c'est-à-dire aux prémisses de ce que ce genre littéraire particulier allait devenir plus tard sous la plume d'auteurs moins romantiques et plus enclins à jouer des effets faciles, c'est à dire de l'horreur et de la terreur. Avec une grande économie de moyens, Doyle nous introduit néanmoins dans un univers étrange et inquiétant avec ces textes remarquablement bien écrits, ces intrigues bien ficelées aux chutes inattendues et ces personnages très british. L'ensemble est néanmoins un peu inégal car certaines nouvelles basées sur les avancées des techniques de l'époque comme « L'horreur en plein ciel » ont assez mal vieilli alors que d'autres comme « De nouvelles catacombes » ou « Le chat brésilien » sont de purs chefs d'oeuvre qui n'ont pas pris une ride et qui pourraient donner lieu à des adaptations cinématographiques pleines de suspens.
4/5
08:43
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
10.01.2012
Port Tarascon (Alphonse Daudet)
Revenu dans sa bonne ville de Tarascon, l'illustre Tartarin rêve de partir pour de nouvelles aventures. Un certain aventurier belge, le duc de Mons, lui propose la place de gouverneur d'une île accueillante de Polynésie dont il prétend posséder les titres de propriété. Une souscription est lancée parmi les habitants. Pour quelques francs, les Tarasconnais peuvent se porter acquéreurs de belles terres riches et giboyeuses. L'enthousiasme est immense. Tout le monde veut partir coloniser cette fameuse île. On affrète trois bateaux. La rafataille (le peuple) part sur les deux premiers avec armes et bagages alors que Tartarin et les notables suivent sur le dernier. Mais à l'issue d'un long voyage quelle n'est pas leur déception ! Rien ne correspond avec le tableau idyllique présenté par Tartarin...
Ce dernier tome des aventures de l'illustre chasseur de lions méridional est tout aussi intéressant que les autres. C'est picaresque, parfois on frise le drame, mais toujours la faconde et l'humour de Daudet sont là pour garder les choses dans la légèreté. Tartarin est une sorte de Sancho Pança affublé de l'esprit de Don Quichotte. Aussi imbu de sa grandeur que naïf et inconscient, il représente à lui tout seul une allégorie de l'honnête homme du Midi, ici, en l'occurrence trompé par un escroc venu du Nord. Le lecteur s'amusera des situations décrites avec une certaine légèreté coquine et trouvera de nombreux sujets de réflexion dans cette sorte de conte philosophique comme on n'en écrit plus beaucoup. Humain, très humain. Une pure réussite. Un texte toujours d'actualité.
4,5/5
08:48
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
08.01.2012
Le pacte (Lars Kepler)
Viola, une jeune fille est retrouvée morte à l'intérieur de la cabine d'un yacht dérivant dans le golfe de Stockholm. Ses poumons sont remplis d'eau de mer alors que ses vêtements sont secs. Pendant ce temps, sa soeur Pénélope et son petit ami Bjorn sont pourchassés par un tueur implacable. Le même jour, Carl Palmcrona, directeur général de l'inspection pour les produits stratégiques est retrouvé pendu dans son appartement. L'inspecteur Joona Linna doit mener de front ces deux enquêtes qui ont beaucoup à voir avec l'univers glauque des trafiquants d'armes.
Ce thriller suédois s'étire sur plus de 500 pages et malheureusement sa lecture tourne vite au pensum. En effet, le couple d'auteurs qui se cachent sous le surnom de Lars Kepler distille son histoire avec une lenteur toute suédoise qui finit par venir à bout de la patience du plus compréhensif des lecteurs. Que de descriptions inutiles, que de répétitions, redites et autres délayages insupportables. Aucun rythme, une intrigue poussive et usée jusqu'à la corde. Une course poursuite qui n'en finit pas. Une enquête qui n'avance pas... Il aurait fallu élaguer et réduire de moitié ce pavé pour peut-être arriver à quelque chose de correct... Une fois encore, long n'est pas forcément synonyme de bon !
2/5
09:17
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
06.01.2012
Le héron de Guernica (Antoine Choplin)
En avril 1937, à Guernica, le jeune Basilio passe le plus clair de son temps dans les marécages à observer les hérons cendrés pour essayer de les peindre sur la toile qu'il veut offrir à Celestina, la jeune ouvrière dont il est amoureux. En pleine guerre civile espagnole, le jeune homme se retrouve en marge du conflit car il n'a pas pu s'enrôler dans les rangs républicains. Et pourtant, le fer et le feu vont se déchaîner autour de lui sous la forme d'un bombardement sauvage qui transformera la ville en cité martyre. Basilio tentera de témoigner en prenant de nombreuses photos et cherchera à rencontrer un certain Picasso qui va magistralement rendre compte de cette tragédie par le biais de sa célébrissime toile.
Un roman un peu étrange, vaguement historique, vaguement poétique et vaguement engagé. Il pose le problème de l'absurdité des guerres et particulièrement des guerres civiles et celui de la valeur du témoignage artistique. Malheureusement, l'auteur s'attarde trop sur son personnage lunaire et se perd trop dans des descriptions sans intérêt. L'intrigue met fort longtemps à démarrer et la rencontre avec Picasso est tout à fait décevante. Pouvait-il en être autrement d'ailleurs ? Quoi de commun entre le petit autodidacte naïf et la sommité mondialement reconnue et adulée ? Le résultat est plutôt médiocre et indigeste. Encore heureux que le pensum ne fasse que 150 pages ! Ainsi en va-t-il trop souvent de tout cet art subventionné ici, en l'occurrence par le Conseil régional Rhône-Alpes, lequel aurait certainement pu trouver meilleure utilisation de l'argent des contribuables.
2/5
09:29
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
04.01.2012
Petit déjeuner avec Socrate (Robert Rowland Smith)
Que se passerait-il si la journée-type de l'humain lambda était suivie et décortiquée par quelques-uns des plus grands penseurs de tous les temps ? Si ces philosophes, psychologues, politologues et sociologues l'étudiaient sous tous ses aspects et à toutes les heures, du réveil jusqu'au coucher en passant par les préparatifs, le départ au boulot, la visite chez le médecin, le shopping, la gym, la télé, la cuisine, le dîner, la fête et même les rapports sexuels avant de s'endormir ? Ce ne serait pas triste et nul doute qu'en compagnie de gens comme Descartes, Marx, Hobbes, Platon, Nietzsche ou Freud, notre humain lambda n'aurait pas perdu son temps...
Ecrit par un spécialiste (Robert Rowland Smith fut professeur de philo à la célèbre université d'Oxford), ce livre qui ne manque pas d'un certain nombre de traces d'humour british est à classer parmi les ouvrages de vulgarisation et pourquoi pas d'initiation. L'auteur illustre son propos parfois décalé, parfois un peu verbeux, par quelques-unes des théories les plus connues de la discipline, telles le « Je pense donc je suis » de Blaise Pascal, l'aliénation de Marx ou la théorie de l'inconscient de Sigmund Freud. L'ensemble est un peu inégal, par moment d'un haut niveau de réflexion, à d'autre d'un ennui certain (on a envie de répondre avec Molière : « Ah la belle chose que de savoir quelque chose ! » quand le discours se résume à détailler de façon alambiquée et pompeuse de simples réalités de la vie quotidienne qui n'en demandaient pas tant... « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement... ») et, au détour d'une page, de petites pépites comme la présentation du feuilleton télé « Sex and the city » ou celle du film « Le silence des Agneaux ». Parfaitement conscient des limites de l'exercice, l'auteur, dans un dernier chapitre intitulé « Pour aller plus loin » propose une bibliographie assez succincte (malheureusement) pour inciter le lecteur, mis en appétit par cette « mise en bouche », à aller se renseigner à la source.
2,5/5
08:29
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
02.01.2012
Et si... Napoléon avait triomphé à Waterloo ? (Valode & Mary)
Et si... Vercingétorix avait vaincu César à Alésia ? Et si... Abd-el-Rahman avait remporté la bataille de Poitiers en 732 ? Et si... Guillaume le Conquérant avait perdu la bataille d'Hastings en 1066 ? Et si... Saint Louis avait remporté la septième croisade en 1250 ? Et si... Charles VII avait racheté Jeanne d'Arc à Jean de Luxembourg en 1430 ? Et si... François Ier n'avait pas triomphé à Marignan ? Et si... Choiseul avait sauvé Louis XVI à Varennes en 1791 ? Et si... Napoléon avait triomphé à Waterloo en 1815 ?
Ecrit par deux historiens « précis et rigoureux », ce livre est présenté comme une « Histoire de France revue et corrigée en 40 uchronies ». Autant la première partie de l'assertion est à peu près exacte (en effet, le lecteur revisite en quelques pages certains faits marquants de notre passé commun), autant l'affirmation « 40 uchronies » relève de la publicité mensongère car ces retournements, ces nouvelles fins imaginées ne changent pas grand chose au déroulement de la suite des évènements. Vercingétorix est tué et la Gaule reste romaine... Abd-el-Rahman gagne à Poitiers pour mieux se faire battre un peu plus tard... Saint Louis est vainqueur mais perd quand même la Terre Sainte... etc, etc... Nous avons plutôt affaire à des hypothèses de travail bien timides et non à de vraies uchronies porteuses de bouleversements profonds ayant durablement et profondément détourné le cours du fleuve Histoire. Le contrat n'est donc pas rempli. Nos deux historiens n'ont pas pu, su ou voulu jeter aux orties leur défroque d'universitaires frileux pour se doter de l'imagination fiévreuse du romancier et pour faire donner l'artillerie de la vraie folie créative. Le lecteur ne pourra qu'être déçu de ne trouver finalement que de l'Histoire dans un livre qui lui laissait présager d'autres... histoires !
3/5
09:23
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
31.12.2011
BONNE ANNEE 2012

TOUS MES VOEUX AUX LECTRICES ET LECTEURS DE CE BLOG, qu'ils soient occasionnels (il y en a) ou plus fidèles (il doit bien y en avoir aussi !)
23:55
Écrit par CCRIDER
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
30.12.2011
The Doors en bandes dessinées (Gaet's - Renault - Petit)
En Californie, dans les années soixante, Jim Morrison, fils mal-aîmé d'un militaire de carrière et son ami Ray Manzarek, tous deux étudiants à l'UCLA, rencontrent lors de séances de méditation John Densmore et Robbie Krieger avec lesquels ils vont créer le groupe mythique des Doors qui va connaître un succès aussi fulgurant que météoritique entre 1966 et 1970. Le caractère difficile de Jim, son alcoolisme, son désir de tenter toutes les expériences (LSD et autres drogues), sa difficulté à assumer son statut de star et de sex-symbol et surtout son besoin viscéral d'être reconnu comme le Rimbaud du XXème siècle feront vite se lézarder la cohésion du groupe avant même la fin tragique de son leader en 1971 à Paris.
Il peut sembler un peu léger de présenter une biographie sous la forme d'une bande dessinée. On peut craindre l'à peu près, le manque de sérieux et de grandes faiblesses dans la documentation. Il n'en est rien. A quelques détails mineurs, coquilles et fautes d'orthographe près, tout y est. Des débuts difficiles à la fin controversée. Toutes les versions de celle-ci sont exposées, même si la plus généralement admise (l'overdose dans les toilettes du Rock n'Roll Circus) est exposée avec un brin d'ironie dubitative. Cependant quelques précisions importantes manquent sur ce point précis : la très mauvaise qualité du « brown sugar » qui fut distribué à ce moment précis et surtout la fin très douteuse du dealer qui fournissait l'idole. Nul doute que ce décès à 27 ans (comme Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin et plus récemment Amy Winehouse) restera à tout jamais mystérieuse (un sale coup de services secrets n'est pas non plus totalement à éliminer) et permettra d'entretenir encore longtemps le mythe. Le graphisme et la mise en images de ce bel album est particulièrement original dans la mesure où chaque chapitre est illustré par un dessinateur différent. Cela donne un résultat fort contrasté (psychédélique ?) et qui peut parfois sembler inégal. Mais pour le connaisseur, le plus intéressant réside dans les témoignages et les citations précédant chaque partie ainsi que dans les ajouts techniques : bibliographie, discographie chronologie. Un très bel album à offrir aux fans et aux autres !
Citation : « Dans la vie, j'ai eu le choix entre l'amour, la drogue et la mort. J'ai choisi les deux premières et c'est la troisième qui m'a choisi... » (Jim Morrison)
4,5/5
08:51
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
28.12.2011
Va et dis-le aux chiens (Isabelle Coudrier)
Sylvia n'est pas bien dans sa peau. Elle aurait aimé vivre dans un sanatorium comme une héroïne de son livre de chevet « La Montagne magique » de Thomas Mann. Elle pense ne pas être une vraie femme car sa mère le lui a répété pendant toute sa jeunesse. Louis est à la fois timide, complexé et ambitieux. Sylvia ne se passionne que pour les maths et participe fortuitement à l'écriture de quelques scénarios. Lucien est un vrai passionné de cinéma. Il abandonne Polytechnique pour pouvoir devenir critique à « La Revue du cinéma ». Ces deux-là se rencontrent par hasard et tombent amoureux, ou du moins le croient-ils, sur une série de malentendus. Au début, Sylvia est invitée à un festival en province où elle rate son intervention. Louis devient rédacteur en chef et intrigue pour prendre la place du patron. Ils sont séparés. Puis, retour en arrière. Les visites et les séjours chez la grand-mère de Louis, puis chez les parents de Sylvia. Aussi bien assortis que la carpe et le canard, les deux tourtereaux mettent un temps fou à passer aux « choses sérieuses » et ce n'est que le début d'une longue et improbable liaison.
Roman de (non)amour psycho-social, bluette sentimentale, délayée, distillée, tartinée à l'infini, cet énorme pavé de 814 pages semble particulièrement indigeste. Mme Coudrier n'a pas su ou voulu resserrer son intrigue sur l'essentiel (250 pages auraient largement suffi pour une histoire aussi simplette). Elle se perd dans des descriptions tout ce qu'il y a de minutieuses, dans des explications sans fin de paradoxes psychologiques assez ennuyeux et dans des digressions plus ou moins indispensables. On a l'impression qu'elle veut tout décrire sans rien laisser de côté. Le résultat c'est que toute cette accumulation de données souvent inutiles lasse assez vite et que le bouquin finit par tomber des mains. Quand donc les auteurs et les éditeurs arriveront-ils à admettre qu'un gros livre n'est pas obligatoirement un bon livre ? Cependant ce livre n'a pas que des défauts. Le lecteur y fera bien des découvertes sur le petit microcosme snobinard et faisandé du cinéma (Cahiers du Cinéma, festivals, Cinémathèque, Fassbinder, Murnau, le Champollion, la manière de monter un scénario, le rôle des producteurs, les méthodes de financement) et là, on aurait aimé qu'on nous ajoute un peu plus de vitriol dans toute cette eau de rose. Néanmoins ce volet sent vraiment le vécu. Etant scénariste pour le cinéma, l'auteur sait de quoi elle parle. Alors, que penser de cet énorme premier roman ? Comme nous n'aurons pas la cruauté de le jeter aux chiens, nous dirons simplement que c'est très loin d'être le chef d'oeuvre de l'année...
2/5
09:15
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
26.12.2011
Les calendes grecques (Dan Franck)
Un très vieil homme impotent passe ses journées dans un fauteuil roulant à ressasser de lointains souvenirs, tout seul dans son appartement. Personne ne vient le voir excepté une femme, Mme Avery qui passe quelques minutes chaque matin pour s'assurer que tout va bien, l'habiller, l'aider à se lever et lui préparer son petit déjeuner. Aux portes de la mort, le vieillard se rappelle les épisodes de la guerre civile espagnole qu'il vécut dans les rangs des Brigades Internationales. L'image de Sabina, son grand amour de l'époque disparu mystérieusement, l'obsède à un demi siècle de distance...
Un roman lent, âpre et assez difficile d'accès. Ce vieillard grincheux et dont les pensées tournent en boucle finit par lasser tant il semble égocentrique et perdu dans ses obssessions. Le monde rétréci dans lequel il évolue (façon de parler) est totalement centré sur sa petite personne. Tout se passe dans un cerveau perturbé par la maladie, un cancer en phase terminale. L'homme imagine son décès et son enterrement (meilleur moment du livre) et croit retrouver Sabina sous les traits de Mme Avery (pire passage). Le lecteur sera sensible au ton un peu décalé et à la dérision caustique d'un texte traitant de l'amour, de la guerre, de la folie et du désespoir. Un cocktail pas tellement roboratif. Publicité mensongère, la quatrième de couverture parle de « récit chaleureux comme du Prévert et loufoque comme du Devos... Humour à revendre... Et pas mal de tendresse » On corrigera ces commentaires dithyrambiques en précisant que l'humour est surtout grinçant et la tendresse rare et un brin bourrue. Quant à Prévert et Devos, on les laissera se retourner dans leurs tombes respectives. Cette œuvrette ne mérite pas tant d'honneur !
3/5
09:09
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
Ces mythes qui ruinent la France (Alain Mathieu)
Alain Mathieu en a relevé rien moins que trente de ces « mythes », de ces contre-vérités, pour ne pas dire de ces gros bobards du « politiquement correct ». Citons-en quelques-uns : « Les emplois verts sont la solution au chômage, la France est un pays très inégalitaire, notre modèle social protège les pauvres, le RSA facilite le retour à l'emploi, la cupidité des banquiers est la cause de la crise, la relance par la consommation assure la croissance, la crise économique exige le retour de l'Etat, prêter à la Grèce c'est sauver l'euro, le dumping asiatique est la cause du chômage, nous manquons de policiers, d'infirmiers de professeurs... » Il leur a tordu le cou de façon magistrale et le lecteur en restera largement déstabilisé tellement ces mensonges répétés à longueur de journée sur l'ensemble des médias peuvent finir par ressembler à des vérités.
Il faut absolument lire et faire lire ce livre, écouter ses arguments solidement établis sur des chiffres ou des statistiques officielles rarement favorables à notre pays quand on les compare avec les résultats de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Autriche ou de la Suède dans nombre de domaines. La France est sur le déclin, elle va dans le mur, elle est plombée par une dette abyssale et les mesures envisagées actuellement ne sont pas à la mesure des enjeux. Et là intervient toute la seconde partie de l'ouvrage, tout aussi indiscutable que la première, consacrée aux réformes indispensables : « Mettre en valeur la démocratie directe, mettre en place des référendums d'initiative populaire, supprimer le cumul des mandats (et des rémunérations) des élus, réduire les coûts de la fonction publique, moderniser le syndicalisme, alléger la paperasserie administrative, lutter sérieusement contre les fraudes sociales (croisement des fichiers informatiques), réformer la fiscalité... etc... » La liste est longue et le lecteur a l'impression de se trouver devant une tâche incroyablement difficile, genre nettoyage des écuries d'Augias. Et pourtant, le redressement est à ce prix et ce livre est là pour nous en convaincre. L'auteur nous laisse même entrevoir l'aube de nouvelles « Trente Glorieuses ». « Puissent le peuple français et ses dirigeants renoncer au mythe des hausses d'impôts et comprendre que, pour retrouver la croissance, de véritables économies de dépenses publiques sont indispensables ! » conclut l'auteur. Un livre indispensable pour qui veut comprendre la situation actuelle. Clair, bien écrit, facile à lire, et finalement roboratif même pour ceux qui comme moi ne comprennent pas grand chose à l'économie... Merci et bravo Monsieur Mathieu !
5/5
08:48
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
25.12.2011
Joyeux Noël

00:16
Écrit par CCRIDER
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
24.12.2011
L'oiseau-canadèche (Jim Dodge)
Vivant seul dans son ranch du Grand Ouest américain, Jake, un vieil homme de plus de quatre vingt ans, ancien aventurier, chercheur d'or, bouilleur de cru et joueur de poker itinérant, plusieurs fois marié, se retrouve avec la garde de son petit-fils Titou, orphelin de père et de mère. Alors qu'ils ont deux caractères parfaitement opposés (Titou est calme, docile et se plait à poser des clôtures partout, Jake, amoureux des grands espaces, est alcoolique et rebelle), ces deux-là vont vivre en parfaite harmonie avec Canadèche, un col-vert apprivoisé et boulimique qui viendra compléter leur improbable trio.
Ce très court roman (105 pages) ou plutôt cette « novella » est un petit bijou littéraire pour plusieurs raisons. Tout d'abord par son esprit. C'est un vrai conte naturaliste moderne comme on n'en écrit plus et qui apporte une grande bouffée d'air pur dans nos poussiéreuses et parfois déprimantes bibliothèques. Ensuite par son intrigue et ses personnages. C'est une histoire d'amour et d'amitié pleine de malice et de tendresse, une véritable leçon de vie. Et enfin, « last but not least », par sa qualité littéraire. C'est un style minimaliste capable de dire énormément avec fort peu de mots, une technique à l'emporte pièce faite de mises en exergue souvent brossées à la vitesse de l'éclair et de laissés dans l'ombre un peu mystérieux. Dodge suggère plus qu'il ne dissèque ou décrit et c'est très bien. En grand conteur, il sait laisser la part au rêve, à l'imaginaire ce qui est très agréable pour le lecteur.
4/5
09:01
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
22.12.2011
La forêt des pygmées (Isabel Allende)
Deux jeunes gens, Alexander et Nadia accompagnent Kate Cold, la grand-mère d'Alexander, journaliste à « L'International Geographic », lors d'un safari à dos d'éléphants en Afrique de l'Est. Au moment de repartir dans le coucou d'Angie Ninderera, une femme-pilote plutôt casse-cou, ils acceptent de faire un détour par une région perdue pour venir en aide au frère Fernando parti à la recherche de deux de ses frères missionnaires égarés dans la jungle. Après un atterrissage en catastrophe, les affaires se compliquent. Une tribu de pygmées honteusement exploitée et mise en esclavage, un potentat africain ayant usurpé le trône d'une reine légitime, un sadique chef mercenaire accompagné de ses soldats-léopards sans oublier un sorcier aux pouvoirs immenses entrent dans la danse. Autant dire que tout se complique très vite pour nos deux apprentis aventuriers et leurs amis...
Cette « Forêt des Pygmées » dernier tome d'une trilogie de romans d'aventures commencés avec « La Cité des Dieux Sauvages » et « Le Royaume du dragon d'or » se déroule au fin fond d'une Afrique si arriérée qu'elle fait penser à un mélange de « Tarzan » et de « Tintin au Congo ». De plus, l'auteur y a donné la part belle au paranormal (Nadia a le « pouvoir » de se rendre invisible), aux esprits de la forêts, au vaudou, aux amulettes, grigris, magie et autres pouvoirs maléfiques de sorcellerie plus ou moins purs. Heureusement, en dépit de toutes les malversations des méchants, les bons gagnent à la fin grâce à leurs pouvoirs exceptionnels (ils peuvent converser aussi bien avec les esprits des morts qu'avec les éléphants ou avec les crocodiles et obtenir le concours des uns et des autres, excusez du peu !) On comprendra qu'en raison du simplisme de l'intrigue et des situations, ce texte, agréable à lire uniquement à titre de divertissement, fait immanquablement penser à une BD ou à un film de série Z plutôt destinés à des adolescents pas trop difficiles. N'est pas E.R.Burroughs ni Hergé qui veut. Adultes cartésiens et connaisseurs de l'Afrique réelle s'abstenir !
3/5
09:20
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
20.12.2011
La zonzon (Alain Guyard)
Lazare Vilain, professeur de philosophie, est engagé pour enseigner sa discipline à des taulards dans le cadre d'un programme de réinsertion. Ami de deux vieux boxers un peu à la coule, Momo et Rocky, il rencontre un certain Riccioli qui le pousse à faire entrer d'étranges enveloppes dans la prison. Il tombe amoureux de la belle Leïla, qui enseigne le piano à l'intérieur de la prison... Mais peu à peu, il découvre qu'il a mis le doigt dans un engrenage qui risque de l'emmener bien plus loin qu'il ne le souhaite.
Très noir, ce roman policier basé sur une situation pour le moins originale, l'introduction de la philosophie dans les cervelles plus ou moins illettrées de gangsters, voyous et autres malfrats. Après « la philosophie à coups de marteau » de Nietzsche, voici « la métaphysique à coups de mandales » de Guyard qui, étant un spécialiste en la matière, s'en donne à coeur joie à nous raconter des cours fort peu conventionnels. Ca sent le vécu et rien ne nous est épargné de l'univers carcéral, ni le bruit, ni les odeurs, ni la violence ! Guyard use d'un style argotique et truculent, plein de trouvailles langagières qui a plus à voir avec un Boudard ou un San Antonio qu'avec un L.F. Céline. L'intrigue est intéressante mais emberlificotée à souhait et entrelardée de quelques invraisemblances que l'on pourra pardonner tant ce bouquin apporte de plaisir de lecture non par une histoire policière un peu tirée par les cheveux, mais par une prose aux envolées parfois bluffantes.
4/5
09:06
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
18.12.2011
Le pacte des vierges (Vanessa Schneider)
A Gloucester, petite ville perdue du Massachusetts, Sue, Cindy, Kylie et Lana, le noyau dur d'une bande de lycéennes d'une quinzaine d'années, se réunissent dans une vieille caravane abandonnée et finissent par sceller un pacte bizarre : toutes doivent se retrouver enceintes en même temps pour pouvoir ensuite élever ensemble leurs bébés sous un seul toit. D'autres filles se joignent au projet jusqu'à atteindre un effectif de 17 futures mères. Sous l'impulsion de la meneuse, Lana, elles essayent de tout prévoir et de se constituer une cagnotte par des moyens plus ou moins acceptables pour mener à bien leur projet. Mais de nombreux obstacles vont se dresser devant elles...
Ce « roman social » est construit sous la forme d'une sorte d'interminable interview à quatre voix. Tour à tour, chacune donne des réponses embrouillées à une journaliste qui reste dans l'ombre et dont on ne fait que deviner les questions. Ces filles s'expriment dans un langage parlé, plus que basique et même d'une grande pauvreté. Il faut dire qu'elles sont issues d'un milieu social défavorisé. (Enfant abandonnée, père taulard, père alcoolique et mère droguée aux anxiolytiques.) On patauge à longueur de pages dans la misère ordinaire, autant physique, culturelle que morale d'une Amérique d'en bas qui survit à l'aide de petits boulots, de concours de mini-miss et autres rêves illusoires de figuration à Hollywood. L'ennui c'est que cette histoire, basée sur un fait divers peu banal, n'a pas été exploitée comme elle aurait dû l'être. On reste toujours à la surface des choses, pris dans le pathos, les geignements et l'apitoiement sur soi-même. L'intrigue est inexistante, les gamines peu intéressantes. Au total, une sorte de pseudo-reportage pour feuille de chou à sensation et certainement pas un roman digne de ce nom.
2,5/5
09:25
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
16.12.2011
Walking dead 3/ Sains et saufs ? (Kirkman-Adlard)
Rick, Lori et leur petite troupe de survivants quittent les environs d'Atlanta à la recherche d'une cachette qui leur permettrait d'échapper aux attaques incessantes des morts-vivants. Ils pensent l'avoir trouvée avec un pénitencier plus ou moins abandonné. En réalité, il y reste quatre survivants, anciens taulards qui les reçoivent plutôt bien au début, mais avec qui les relations se gâtent quand les deux filles d'Hershel sont assassinées par Thomas, l'un des leurs. Pour ne rien arranger, les quatre vont pouvoir disposer d'armes abandonnées par les gardiens et les zombies, requinqués par la chaleur, se regroupent toujours plus nombreux autour de la prison.
Ce troisième tome de la saga « Walking Dead » est à la hauteur des deux premiers. Action, violence, suspens, tout y est pour produire un roman noir et prenant, fort difficile à lâcher avant la fin. Comme toujours, l'épisode s'achève sur un nouveau rebondissement qui incite à vouloir poursuivre avec le tome suivant. Principe d'un feuilleton bien mené. Les personnages ont une réelle épaisseur psychologique ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de littérature. Le graphisme en noir et blanc est de grande qualité. Et pour s'y retrouver dans cette petite communauté d'une trentaine de personnes, le lecteur trouvera en fin de volume une galerie de portraits avec courte bio. Beau boulot dans l'ensemble.
4,5/5
09:14
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
14.12.2011
Dracula , l'ordre des dragons T1, l'enfance d'un monstre (Corbeyran-Fino)
En novembre 1444, le jeune Vlad Dracula 14 ans et son frère Radu 10 ans, fils du gouverneur de Valachie ont été laissés en otage auprès du Sultan de Turquie, à titre de garantie de collaboration. Mais une alliance avec les Croisés rompt le pacte. Vlad est enfermé dans un cachot où il assiste à de terribles choses... En juin 1899, à Venise, un jeune couple est assassiné en pleine nuit. On retrouve les corps vidés de leur sang. Ils sont les huitièmes victimes d'une longue série de crimes étranges. La médium Létizia Giordano, nièce de sir Arthur Conan Doyle, aidée de Bram Stocker, Van Helsing et Lady Darmanson, se lance dans une enquête compliquée qui se déroulera entre Londres et Venise en passant par Budapest, l'Anatolie et Vienne.
Un magnifique album de suspens et d'horreur sur le thème ultra-rebattu de Dracula. Ce premier tome aborde l'enfance du jeune Vlad et tente d'expliquer pourquoi un jeune garçon plein de vitalité ait pu se transformer en un monstre assoiffé de sang. Le graphisme est particulièrement soigné. Il use beaucoup de couleurs sombres et d'ambiances glauques ce qui est en parfaite harmonie avec le sujet. Pas mal d'originalité dans un scénario très inspiré par les méthodes du cinéma : courtes séquences, scènes chocs, voire carrément fantasmagoriques. Le côté purement diabolique de cette histoire est largement exploité et bien dans l'esprit actuel. Une belle réussite. Mais le lecteur n'en est qu'au premier épisode, simple mise en place des personnages et des évènements. Létizia et Van Helsing se retrouvent à la fin en très mauvaise posture. On attend la suite avec impatience !
4,5/5
09:24
Écrit par CCRIDER
dans Livres |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|






